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Le Misanthrope @Théâtre Douze, le 07 Décembre 2018


Depuis sa création la compagnie Etincelle sillonne l'hexagone avec son même mot d'ordre : faire revivre les grands textes.
Pendant la saison estivale, elle proposait au Lucernaire la première mise en scène de Légende d'une vie qui a valu à son comédien Lennie Coindeaux le titre de Meilleur comédien pour un premier rôle aux P'tits Molières 2017. En cette saison hivernale, la compagnie s'est affairée autour du Misanthrope de Molière pour une série de dates au Théâtre Douze. 

Comme la plupart des pièces du dramaturge, Le Misanthrope n'échappe pas à l'universalité et intemporalité.
C'est pourquoi Caroline Rainette a choisi de le transposer de nos jours. Tantôt dans les couloirs d'un tribunal, à la cour ou en boîte, elle casse le code d'unité de lieu voulu par le théâtre. Pari réussi. La metteure en scène originaire de Chartres prend également le parti de retirer quelques personnages pour se recentrer sur l'essentiel. Leurs absences ne généreront aucun impact et rendent la pièce encore plus accessible, plus fluide.

Avec la même exigence que Légende d'une vie, la compagnie livre une prestation convaincante. Lennie Coindeaux campe un Alceste terrible, impitoyable avec ses semblables. En lui confiant le rôle d'Alceste, Caroline Rainette casse l'image d'un personnage plutôt vieux jeu à la limite du réactionnaire. Autour de lui s'activent Jérémie Hamon, Bruno Aumand, Camille Cieutat et Caroline Rainette qui manient les alexandrins non sans talent. Cette dernière s'est réservé le rôle d'une Célimène indépendante, légère et élégante. Tous ensemble, ils portent et parviennent à faire résonner un texte qui se peut résolument contemporain. 

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