Si vous pensiez voir une adaptation du film du tout début des années 2000 avec Sean Penn, passez votre chemin ! Il n'en est rien. Il s'agit plus exactement de la rencontre bouleversante de deux hommes dans une piscine parisienne. La conversation s'est engagée de manière hasardeuse et ne se terminera jamais.
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| © Mukit Abdul Hamid |
A priori les deux protagonistes n'ont rien en commun si ce n'est la natation. Ils ont des âges différents, ont des occupations opposées mais se retrouvent dans un endroit pas si anodin que ça : les vestiaires d'une piscine. La piscine est un endroit où l'on se révèle aux yeux d'autres nageurs inconnus, la natation est un sport individuel où l'on doit toujours chercher à se dépasser.
Le Poids de l'Eau est une pièce émouvante. Elle questionne les certitudes, explore les fragilités et les zones d'ombre de chacun d'entre nous avec beaucoup de finesse. Ce qui nous saisit particulièrement c'est la complicité au fil de l'eau entre les deux personnages. Les deux comédiens et metteurs en scène Joseph Gabison et Alexandre Testagrossa - qui signe le texte - se sont bien trouvés. On saluera le travail scénographique où quelques accessoires et ambiances sonores suffisent à deviner le lieu.
Alexandre Testagrossa s'est donné le rôle de Franck, presque quinqua, sa vie est une routine de comptable dans une entreprise. Julien prendra les traits de Joseph Gabison qui incarne la fraîche vingtaine, la génération slasher de l'extrême. Des héros au quotidien ordinaire en somme. Leur rencontre est le point de départ d'une folle histoire. Vous pourrez questionner s'il en va d'amour ou d'amitié, ça n'est absolument pas le sujet. La pièce vient jouer sur les cordes sensibles. S'il faut avancer chacun dans sa ligne d'eau, il faut aussi savoir se soutenir collectivement, comme le veut ce bon vieil adage : "Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin".
Si les dialogues sont des fragments de chamailleries, les monologues eux deviennent d'intenses apnées dans des rais de lumière. L'espoir n'est pas vain. En s'ouvrant à l'altérité on se guérit, on s'apaise. Le duo d'acteurs est généreux et signe un spectacle d'une grande pudeur avec une résilience au coeur.

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