S'il y a bien quelque chose que l'on adore dans les classiques, c'est leur intemporalité. Qui aurait pu croire que ce qu'écrivait Molière presque 400 ans plus tôt pouvait encore résonner aujourd'hui ? Avec une lucidité mordante, la peur panique de l'émancipation féminine était déjà disséquée. En ce festival d'Avignon 2026, nous avons mis le cap sur le théâtre du Chêne Noir pour découvrir la satire de Molière vue par la metteuse en scène Frédérique Lazarini, L'école des femmes.
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| © Marion Duhamel |
Petit rappel de l'intrigue : le vieux riche Arnolphe a élevé sa pupille comme la femme parfaite à ses yeux - ignorante et sans la moindre éducation -. Quelques années plus tôt, il offrait une somme d'argent à la mère paysanne d'Agnès pour ensuite la confier à un couvent. L'objectif ultime : ne jamais devenir cocu. C'était sans compter sur son jeune ami Horace...
Amour, possession et surveillance. Tel serait le programme de cette mise en scène. En effet, sur le plateau, se tiennent deux espaces distincts : à jardin, le premier s'apparente à un salon en apparence normale où est fixé au mur un important écran de télévision raccordé à un système de surveillance et à cour, séparée par des arbres et une pelouse parfaitement entretenue, une cage de verre abritant la chambre de la douce Agnès.
C'est d'ailleurs celle qui nous a beaucoup marqué dans ce spectacle. Agnès y est incarnée par la jeune comédienne québécoise Sara Montpetit, incroyable de justesse dans sa candeur, touchante à souhaits. Dès lors qu'Arnolphe - remarquable Cédric Colas - lui passe son écharpe à pompons et bonnet rose, c'est une enfant qui s'anime en alexandrins impeccablement joués ! Fidèle de Frédérique Lazarini, Cédric Colas s'est parfaitement imprégné de l'arrogance et de la jalousie compulsive de son personnage et montre toute sa maîtrise de la palette de jeu, du plus noir au plus comique. Celui qui brille également par son sens du drolatique romantique, c'est Hugo Givort dans le rôle d'Horace. Nous glisserons tout de même une mention spéciale au binôme formidable de serveurs vigiles formé par Emmanuelle Galabru et Alain Cerrer. On saluera la prestation de Guillaume Veyre en intègre Chrysalde.







