Giordano Bruno, le Souper des Cendres @Théâtre de la Reine Blanche, le 20 Novembre 2021

 

© Christophe Raynaud de Lage

Il s'appelait Filippo Bruno, il s'est fait (re)connaître sous Giordano Bruno. Frère dominicain et philosophe, il fut accusé d'athéisme et d'hérésie par l'Inquisition. C'était en 1600. L'homme de théâtre Laurent Vacher s'empare de quelques minutes de son ultime plaidoyer et fait revivre les thèses du scientifique insoumis à partir de ses écrits.

On retrouve Benoit Di Marco - que l'on avait croisé sur les planches du Théâtre de Belleville en 2019 dans Moule Robert - dans le corps du scientifique et on rencontre le contrebassiste Philippe Thibault (en alternance avec Clément Landais). Les deux hommes ne s'échangent guère des répliques. Le second accompagne le premier sur un plateau mis à nu. Les murs du Théâtre de la Reine Blanche sont couleur charbon. 

Les spectateurs deviennent les geôliers veillant sur le révolté le temps de la représentation bien que Vacher explique lui-même qu'il ne souhaite pas reconstituer une cellule. Dans l'obscurité, Benoit Di Marco transpose l'idéologie de l'homme de science avec une belle binarité de jeu ; tantôt vindicatif, tantôt nostalgique, le comédien nous embarque avec lui dans une pensée fluide. Le spectateur à son tour s'intègre dans la pensée et les contradictions intérieures de Giordano Bruno. La contrebasse avec sa sonorité grave, renforce la dramaturgie. 


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire