La mouette @Théâtre des Gémeaux, le 13 Novembre 2021

 

© Simon Gosselin

Le retour d'un metteur en scène et de son collectif bien apprécié par ici ; Cyril Teste et le collectif MxM. Toujours dans le même dispositif cinématographique, l'homme de théâtre choisit de s'attaquer à un grand classique joué et rejoué du répertoire du dramaturge russe Tcheckhov ; La mouette.

Le jeune metteur en scène des performances filmiques se concentre plus particulièrement sur la relation mère-fils. Un rapport complexe, tantôt passionné tantôt toxique et désespéré dans le texte du dramaturge russe - traduit ici par Olivier Cadiot à la demande de l'homme de théâtre - qui fait penser, en mettant l'érotisme de côté, à celui romancé par un contemporain francophone j'ai nommé Georges Bataille

Le spectacle s'ouvre sur une mise en abyme du théâtre dans le théâtre, voire une sorte d'atelier à ciel ouvert repensé sur un plateau. Pour progressivement faire pénétrer les spectateurs dans un intérieur chaleureux ou les promener au bord d'un lac. Si la scène se déroule en Russie, elle pourrait avoir lieu dans une campagne non lointaine. Les comédiens jouent avec un ensemble de panneaux blancs qui composent et reconstitue le décor. La beauté des plans sur les visages est toute retrouvée en alternant - et parfois synchronisant - les images en noir et blanc et celles en couleurs. Cette maîtrise du va-et-vient permanent entre intérieur et extérieur nous font naviguer entre l'intime et le hors champs, le plus profond, enfoui et la façade. 

Fidèle à Teste, Mathias Labelle livre une partition dramatique impeccable dans le rôle de Constantin, fils-artiste torturé. L'italienne Olivia Corsini incarne une Arkadina forte en caractère, égocentrique, sûre d'elle. Si tout le reste de la troupe (Vincent Berger, Katia Ferreira, Pierre Timaitre, Gérald Weingand et Xavier Maly) n'en est pas moins convaincant, le duo Labelle-Corsini fonctionne à merveille. On s'attachera également au jeu sensible de Liza Lapert qui campe le rôle non moins important de Nina, déchirée entre deux hommes. Cyril Teste et le collectif MxM peuvent avancer sans crainte, la performance filmique a encore de beaux jours devant elles et ils font partie de ceux qui la maîtrise. 



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire