Deux frères @Théâtre de Belleville, le 09 Mai 2022

 

© Cie Saison Violente

Ambiance de boom avec la boule à facettes multicolores, musique à fond. Retour plateau dans une cuisine éclairée au néon basiquement meublée : une table avec 3 chaises, un frigo sur lequel est posé un poste de radio et juste au-dessus un compteur, un plan de travail où l'on aperçoit une cafetière italienne et un commencement d'entassement de bouteilles de bière. 

Lev - Hugo Randrianatoavina - glandouille dans la cuisine. On assiste à une mise au point de vie sentimentale. Erika - Ines Tavrytzky - clarifie. Elle n'aime pas Lev, elle l'affectionne. Une histoire éphémère négociée à l'avance ? Complexe quand on sait que les deux vivent ensemble. A une personne près. Le frère de Lev, Boris - Arnaud Tardy - vit avec le duo.  Et Boris fixe des règles de vie. Erika l'insupporte mais il apprécie tout autant sa présence, c'est juste qu'Erika ne respecte rien ou presque. On ne sait rien d'eux. Leurs journées sont mornes, ponctuées par des jeux qui interrogent leurs sentiments, par des rédactions de lettres que les garçons envoient à leur mère. Ils sont entrés dans l'indépendance comme par effraction. C'est leur quotidien pendant 53 jours qui se déroule sous nos yeux. Un jour, Lev pète un plomb. Mais, très sérieusement. Il manque de tuer Erika sous les yeux de son frère. Ce traumatisme le pousse à partir faire son service militaire, laissant derrière lui ses deux colocataires qui ont fini par se trouver une affinité. Les jours qui suivent le retour n'ont rien de simple... Au programme, portes qui claquent et disputes régulières.

Le trio explore brillamment le texte de l'italien Fausto Paravidino. Nous interrogeant sur nos rapports humains, nos sentiments, post confinement cette pièce vient également nous interroger  sur nos capacités à faire vivre nos solitudes ensemble. La bande de comédiens du Collectif Saison violente livre un jeu solide. On retrouve notamment Hugo Randrianatoavina - qui jouait le protagoniste de J'avais cinq quand je m'ai tué dans la mise en scène de Barthélémy Fortier - dans le rôle de Lev au plus juste. Arnaud Tardy offre à Boris une sensibilité extrême particulièrement plaisante. Ines Tavrytzky donne à Erika une part mystérieuse qui la fait osciller entre personnage lumineux et très obscur.  

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