Deux amis de toujours. L'un s'appelle Ido Shaked et vit à Paris, l'autre Hannan Ishay à Tel Aviv. Tous deux sont metteurs en scène et à l'invitation d'un festival européen - allemand plus spécifiquement -, les voilà amenés à créer un spectacle sur l'identité israélienne. Vaste sujet et quand on est de nature engagée, ça ne facilite pas du tout l'exercice. Le football, la cuisine, ils ont essayé de trouver des chemins détournés mais rien n'y fait, impossible de parler d'Israël sans faire mention du conflit historique. Comment faire quand celui-ci vous rattrape ?
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© Julia Kampichler |
Le duo parvient à créer un spectacle puissant et mordant. Le passé et le présent coexistent pour le meilleur comme pour le pire. Colonisation, antisémitisme, islamophobie européenne, fascisme et censure se retrouvent au menu et comme souvent, l'humour fait office de meilleure arme.
La scénographie est minimaliste, fabriquée quasiment en temps réel sous nos yeux. Des cartons disséminés ça et là, un piano, une valise et un rideau blanc suffisent à imaginer un espace de répétition. Le calendrier défile à vive allure, le rythme est soutenu sans qu'aucun des ingrédients ne disparaissent. On assiste à une forme d'errance métaphysique où la négociation du duo prend toute sa place.
Le spectacle démarre sur une scène dramatique pour progressivement devenir une réflexion sur ce qu'il serait possible de montrer, raconter. C'est bien écrit, ça sonne presque comme de l'improvisation dans certaines répliques. Débats animés, hésitations, les illusions, les rêves, les convictions tout y passe dans une profonde sincérité très appréciée.