La liste de mes envies @Théâtre des Béliers, le 17 Juillet 2013


Je n'avais pas lu le roman, mais l'envie y était. J'avais également pu voir l'affiche à Paris, me disant "Faudrait que j'arrive à trouver un jour pour y aller". Au final, je n'y suis jamais allée... Par contre je me suis rattrapée très rapidement à Avignon. C'est ainsi que je me suis retrouvée dans ce théâtre des Béliers tenu par le fils de l'acteur Gérard Jugnot; Arthur. Manque de chance (pour moi en tous cas) dès la première semaine de festival c'est complet. Je m'arme alors de patience et vais le voir le 17 Juillet. 

Un homme seul sur la scène. Mikael Chirinian. A son actif ? Cinq rôles ! Dont celui d'une femme ; Jocelyne, le personnage central. La toute première scène dessine un sourire sur tous les visages, une chanson passe "Moi si j'étais un homme. Je serai capitaine." et on voit Mikael Chirinian tricoter joyeusement. Une bien jolie performance pour une pièce nous entraînant dans une réflexion sur notre propre bonheur : est-ce que mon bonheur s'achète ? Le bonheur auquel j'aspire a-t'il un prix ? Tous ces questionnements sont bien évidemment ceux du roman, mais les voir au théâtre les rend plus vivants, plus forts, plus touchants. Mikael Chirinian joue un rôle qui nous ressemble tous un peu. Ce que j'ai trouvé très fort chez lui c'est ce que font souvent remarquer les journalistes; sa rencontre avec Grégoire Delacourt (l'auteur du roman). Delacourt a demandé à Mikaël à qui il pensait pour jouer le rôle de cette femme. Chirinian aurait eu un sourire et répondit "Moi". Grégoire lui a fait remarquer qu'il n'était pas tout à fait une femme. Le sourire de Chirinian s'est agrandi : "Vous non plus". J'ai trouvé cette réponse touchante et très audacieuse. 



Au Théâtre des Béliers.

Morts sans sépulture @Théâtre Au bout là-bas, le 12 Juillet 2013


Audrey Bertrand a choisi de mettre en scène le texte de Jean-Paul Sartre "Par amour pour ce texte (...) et sa visée humaniste. (...) afin de rappeler les combats d'engagement d'hier et de réanimer ceux d'aujourd'hui." précise-t-elle dans sa note de mise en scène. Quel choix ! Quel audace ! Quelle réussite! La Compagnie de l'Ombre Noire proposait son spectacle à Paris au Théâtre de Ménilmontant, ils ont décidé de nous atteindre à Avignon.
Un plateau divisé en deux  camps : oppresseurs / oppressés. La seule séparation n'est autre qu'un couloir où l'on souffre, du moins c'est ce que laissent deviner les ombres que l'on aperçoit. Les oppresseurs sont sous le signe de  l'obscurité. Le jeu de lumière de Charly Lhuillier a toute son importance. Boire, jouer aux cartes et torturer deviennent moyens de faire passer le temps. Pendant que nos résistants s'interrogent sur leur sort.
Je saluerai donc le jeu profondément humain de chacun des acteurs tant au niveau des oppresseurs que des miliciens.
La volonté de réanimer les engagements d'aujourd'hui a été réalisée très justement avec cette mise en scène qui n'hésite pas à rappeler l'intemporalité et universalité du texte du philosophe.

Une phrase me reste en tête à la fin de la représentation. Après avoir abattu d'un coup de revolver les miliciens Audrey Bertrand réplique "J'ai pensé que ça serait plus humain". Je n'entrerai pas dans une dissertation philosophique mais avec cette réplique et l'ensemble de la pièce on se demande ce qui nous caractérise, Nous, les humains.


Théodore le passager du rêve @La Fabrik Théâtre, le 09 Juillet 2013


A 10h30, vous sortez du lit pour embarquer dans le train du rêve avec Théodore, un jeune garçon qui pour la première fois de sa vie rêve. 
Dans un univers cartonné, la compagnie du Théâtre des Alberts vous emmène à la rencontre des arts. Marionettes, peinture, musique et vidéo ! 
Une histoire bien rodée qui emmène enfants et parents dans ce doux monde des songes aux rencontres aussi farfelues les unes que les autres ! 
Une subtile création de l’imaginaire sous nos yeux grâce à la création progressive du décor.
Un rêve éveillé ! On n’hésitera pas à féliciter Eric Domenicone pour son magnifique travail sur la mise en scène. 





Interview André Nerman

Je poste aujourd'hui mon interview avec André NERMAN metteur en scène et acteur d'Un rapport sur la banalité de l'amour. Je n'ai pas eu l'occasion de réaliser cet entretien en face à face, mais par mail. André a été adorable et m'a donné de très belles réponses !

* Pourquoi avez-vous choisi d'adapter cette pièce ?

* J’ai découvert la pièce par hasard alors que je correspondais avec l’auteur au sujet d’une autre de ses pièce qu’un metteur en scène suisse voulait monter! Finalement ce projet en Suisse n’a pas abouti, mais au cours de nos échanges, Mario Diament m’a envoyé La banalité ( version anglaise), et j’ai eu un coup de cœur pour la pièce. J’ai décidé de la traduire et d’essayer de la produire à Paris.

* Pourquoi avoir proposé à Maïa Guéritte le rôle d'Hannah ?

* Je connaissais Maïa pour l’avoir mis en scène dans une autre pièce. Mais j’ai fait passer des auditions et j’ai vu d’autres comédiennes. Maïa s’est avérée la plus proche de l’idée que je me faisais de Hannah. Il fallait qu’elle soit brune, qu’elle puisse aller de 18 à 44 ans ( donc être entre les deux dans le trentaine), être crédible dans tous les aspects du personnage, et bien sûr avoir la force et la sensibilité du personnage. Et suffisamment de métier pour être au top tous les soirs! Et bien sûr, je suis ravi de mon choix. C’est un rôle magnifique qu’elle incarne merveilleusement bien.

* L'ensemble de la pièce est très compliqué à jouer, mais y a-t'il une rencontre plus difficile à jouer que les autres ?

* La dernière rencontre est la plus intense, la plus forte, la plus conflictuelle. Et nous devons subitement avoir 17ans de plus !

*  Que ressentez-vous lorsque vous jouez votre rôle ?

* Heiddeger est un rôle très intéressant, car très conflictuel. Il est toujours déchiré entre son amour pour Hannah et ses visions politiques. C’est très difficile de défendre un personnage aussi egocentrique, et de défendre le point de vue des nazis en 1933!! Si Hannah est l’héroïne, Martin, c’est le mauvais rôle....mais j’essaye de le justifier et de lui trouver des excuses.ET puis il aime profondément Hannah même s’il n’a pas le courage de quitter sa famille pour elle...L’évolution du personnage est aussi très intéressant: il faut aller du professeur brillant et sûr de lui de la première scène au philosophe déchu et humiliè de la dernière... .je ressens toutes ses contradictions intérieures en le jouant ..et c’est ça tout l’intérêt du travail d’un acteur.

*  Dans le spectacle, vous avez choisi d'y insérer quelques petites scénettes filmées, pourquoi?

* Je n’ai pas choisi d’insérer ces scènes filmés: c’est l’auteur qui les a voulu dans sa pièce. Ce n’est pas un choix de mise en scène. Je pense qu’elle sont utiles pour situer l’action dans le contexte historique, surtout pour les gens qui ne connaissent pas bien ( ou pas du tout), Martin Heidegger et Hannah Arendt.


Un grand merci André Nerman !

                                   
                                                       André NERMAN

                                                                        

Un rapport sur la banalité de l'amour @Théâtre de la Huchette, le 06 Juillet 2013

Petite anecdote : Je me suis rendue avec un léger retard à la représentation, je suis rentrée dans la salle au moment où Hannah Arrendt entre chez son professeur. 

L’histoire d’amour poignante unissant Hannah Arrendt et le philosophe Martin Heidegger. La juive et le nazi. Amour improbable, impensable ou  peut-être même intolérable. Ces deux êtres baignent dans la passion.  Un texte fort, un duo d’acteurs formidable. 

Maïa Guéritte, jeune actrice incarne la femme pensante et amoureuse et Heidegger est incarné par André Nerman, également metteur en scène du spectacle.  Deux êtres que tout devait séparer.

Tout au long de leurs vies, nous assistons à la naissance de leur amour et à leurs retrouvailles secrètes. Un discours universel nous touche en plein cœur. L’un cherchant à pardonner l’autre cherche le pardon.  

Une tragédie amoureuse, au-delà des idéologies, les personnages trouvent une force invisible en eux : l’amour. Et cet amour dépasse toutes les limites. Encore mieux que Roméo et Juliette, Martin et Hannah.

Guéritte joue à la perfection la jeune fille forte et fragile à la fois. Nerman devient  élégamment ce philosophe charismatique qui sombre dans la folie nazie.




Il ne faut pas hésiter ne serait-ce qu’une seconde ! Courir au Théâtre de la Huchette et vivre avec eux cette terrible histoire !

Interview Jean-Sully Ledermann


Artiste complet, qui écoute tout et touche à tout. Jean-Sully Ledermann est un musicien qui n’évoluera pas que dans un seul genre. Et en plus de ça, il joue d'un peu de tout. On ne peut pas l’étiqueter. 
Pour ça, il faudrait séparer ses nombreux projets : Mister IlSlam, ChrysdollProject, Söshno, Empati… (tous à également retrouver sur son site officiel)
Je l’ai découvert avec la radio associative bordelaise BDCONE et j’ai de nouveau tout fait pour dénicher l’interview. 
Le 20 Juin dernier je le rencontrai en terrasse à Paris.

       *   Alors, qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de la musique ?

Bah ça remonte à loin puisque c’est euh…Avec l’écriture c’est la deuxième chose que je voulais faire depuis tout petit... Ma mère est professeur de piano déjà. Et puis euh, et puis il y a toujours eu de la musique chez moi…A la base j’étais très sectaire, très classique...[…] J’étais très musique classique et je trouvais qu’avec trente secondes de classique on pouvait faire quinze morceauxde « pop » Et ouais depuis toujours, j’ai commencé le violon quand j’avais 7 ans…Après j’ai arrêté… […]

       *  Instrument difficile ?

Euh oui… Mais tous les instruments ont leurs difficultés. Déjà quand on est petit, le violon il faut supporter les cordes qui frottent… […] Le « crincrin » c’est assez insupportable. J’avais une terreur quand j’étais petit,c’était quand  je l’accordais, qu’il y ait une corde qui saute, et qui vienne me crever un œil…

     *  C’était un choix que tu as fait toi-même le violon ou ce sont tes parents qui t’ont influencé… ?

Euh… Non c’était un choix imposé. Je voulais pas spécialement faire de la musique, mais disons que j’étais déjà passionné par la musique.Parce qu’en fait, rien qu’à écouter, j’éprouvais déjà à l’époque la même chose que quand je joue en fait… J’allais très très loin… Et puis heu, oui, c’est après le lycée… […] J’ai commencé par vouloir être prof de saxo…Mais maintenant comme il faut le diplôme d’enseignement pour tout. Et comme en plus le diplôme en musique est limite au-dessus des diplômes de professorat…

      *  Faut faire le conservatoire, une certaine expérience … ?

Oui c’est ça, faut avoir fait quatorze ans de conservatoire en gros…Après une école je crois, qui est en deux ans ensuite, avec un concours d’entrée et un concours de sortie.

     *   Ta mère étant prof de piano, tu as grandi dans quel univers musical, tes parents écoutaient-ils des choses qui t’ont influencé ?

Les deux écoutaient du classique. Ma mère aimait… Enfin aime toujours d’ailleurs ! Les choses plutôt très consonantes, très mélodieuses même s’il y a des dissonances… tous les grands compositeurs ; les russes […] Mon père lui c’était plutôt… ça tirait sur le contemporain lui par contre, c’était Debussy, Poulenc, Boulez, tout ça…

   *  Et ça n’a pas eu d’influence sur toi ?

Ça en a eu fatalement puisque j’en ai écouté. […] J’essaie de faire un mélange en fait entre tout ce que j’ai pu connaître comme musique… C’est pas évident !
        
 *  Qu’est-ce qui t’a donné envie d’écrire, de composer pour les autres ?(Chrysdoll Project, Mister Il Slam…)

Au début c’était pas du tout ça, j’étais comme n’importe quel musicien qui fout pas grand-chose, c’est-à-dire que j’étais dans des groupes. Et puis bon, au bout de deux/trois ans, quand on a deux trois morceaux… On se dit tiens, il se passe pas grand-chose quand même…Et du coup en fait, ça s’est fait un peu tout seul, puisque je travaillais à la Croix Rouge à ce moment-là…Et puis j’ai rencontré Olivier Geai (alias Empati) qui était éducateur lui, et en fait je lui ai fait écouter des choses que je faisais tout ça…Et là il m’a dit « Moi j’écris des textes, est-ce que ça t’intéresserait qu’on fasse un truc tous les deux ? » et ça a commencé là-dessus, et ça n'a été que des rencontres en fait. Puisque MisterIlSlam est venu quand il a entendu ce que j’ai fait, il est venu de lui-même. Chrysdoll c’était une amie d’amis… Que des rencontres !
            
 *  Y aurait-il un artiste connu avec qui tu adorerais collaborer ?

Hmm… Oui mais enfin ça va pas être possible…Oui, David Bowie !

*  Un album fétiche de David Bowie ?

Euh... Outside.

          * Dans la musique de manière générale, qu’est-ce que tu aimes en particulier ?

Euh… C’est difficile à dire parce qu’il y a tellement de choses… J’écoute vraiment la musique, enfin j’essaye en tout cas, dans l’optique dans laquelle elle a été créée. Quand on écoute du classique, si on se met à écouter de la musique électronique, on va s’ennuyer. Parce qu’il se passe rien, au niveau de la composition, des harmonies, la musique électronique c’est totalement vide. C’est une autre recherche, la recherche du son, c’est la recherche justement par la répétition, de parvenir à autre chose.Et je peux te citer différents styles le trip-hop pour commencer, la musique classique, j’écoute un p’tit peu de variété mais pas tant que ça, de l’électronique intelligente […]Il y avait un courant avec AphexTwin, Squarepusher… Donc, ça varie tout le temps.
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     *  Ca serait donc plus la composition…

En fait plus je me suis ouvert, c’est vraiment ma culture musicale qui… On m’a forcé à chaque fois à écouter des choses. Je ne suis pas allez de moi-même… Je n’étais pas non plus totalement réfractaire, mais, disons que j’allais pas chercher non plus… En fait, je suis passé du classique…La chose qui m’a intéressé derrière c’est le blues, mais justement je trouvais que c’était l’opposé.C’est-à-dire que le blues, la composition, c’est toujours la même ! Et toujours les mêmes seize mesures, avec les mêmes accords, avec des variations mais bon…Et c’est vraiment le feeling. Du coup je suis allé en suite vers le jazz, après j’ai commencé à être ado donc le punk, le rock, tout ça…Et puis toute la musique des années 60, et là y a un paquet de choses entre les Doors, Hendrix et compagnie...
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      * Tu fais aussi des clips toi-même, c’est une volonté de mélanger les arts ?

J’ai toujours rêvé un jour de tout faire ; Mise en scène de théâtre avec de la danse, de la musique, des arts visuels, du cinéma… Tout mélanger, ça j’en ai toujours rêvé ! Et en fait le premier clip que j’ai fait…En fait, je l’ai réalisé parce que celui qui devait réaliser le clip nous avait planté trois jours avant.Et du coup on en a fait un assez sympa !

      * Tu as pris une superbe initiative en diffusant ta musique sur deux supports : disque et numérique. Pourquoi continuer à travailler sur les deux ?

Parce que justement, avoir un CD physique c’est quand même quelque chose de…Il y a un truc en plus…Et les gens téléchargent pas trop, ils prennent du pirate avec le numérique...S’ils achètent un album, ils veulent l’acheter en physique… Et d’ailleurs j’avais eu deux trois personnes comme ça qui m’avaient dit...J’avais lancé le premier cd en numérique, j’avais pas les sous en fait pour en sortir un en physique… […]
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    * Merci beaucoup !

Eh bien de rien !








N'hésitez donc pas à visiter la page de Jean-Sully Ledermann, découvrir son univers et laisser un mot dans le livre d'or  ! 

La Troupe à Palmade - L'Entreprise @Théâtre Tristan Bernard - les 04 Mai 2013 et 18 Mai 2013

Retour du spectacle

Sur un coup de tête, le 4 Mai 2013 avec une amie nous nous rendons au Kiosque de la Madeleine (le bon plan des Parisiens). On cherche une pièce à voir. On avait bien envie de rire. On nous demande plus de détails "Comédie ? Absurde ? ". L'absurde m'aurait bien tenté mais c'est un classique au Théâtre de la Huchette on joue que du Ionesco et ce, toute l'année.  Je suis pas super fan du théâtre de boulevard mais on me conseille La Troupe à Palmade - L'Entreprise. Allez pourquoi pas ?
Eh bien, jolie surprise ! J'ai bien rigolé, admiré le jeu de chacun des acteurs et la thématique m'a parlé.
L'histoire ? Nous sommes dans une entreprise appelée Chauffinor. Chacun des employés a ses peines, ses joies. Un jour le responsable des ressources humaines trouve une lettre d'un suicidaire ! Qui a osé l'écrire ? On fait le tour des personnalités de chaque salarié, chacun peut être identifié. C'est l'horreur. Mais nous, spectateurs on en rit ! La proximité avec la réalité sans doute, tout est bien ficelé et les acteurs sont très bons !

Si bons que je suis prête à m'y rendre une seconde fois !

Sauf que cette fois je suis bien décidée à réaliser ma petite interview. Je suis partie à la recherche des acteurs, d'un éventuel contact. Je me suis renseignée sur Guillaume CLERICE, qui a co-écrit la pièce. Son personnage m'avait marqué - je ne dirai pas pourquoi ! Faut voir le spectacle ! - alors me suis dit que je vais lui demander. Très adorable il me répond et me propose de venir à sa rencontre une fois prochaine. C'est ainsi que le 18 Mai je reviens au Théâtre Tristan Bernard . Je les vois tous défiler un par un pour rentrer dans le théâtre, les reconnais pour la plupart.
Je revois la pièce avec quelques éléments surprises: la troupe fonctionnant en alternance, j'ai pu voir 2 nouveaux acteurs ! Tout aussi bons que ceux que j'avais vu la première fois.

Fin du spectacle, je me rue sur le personnel du théâtre pour savoir où se situent les coulisses, je me poste sur le côté et intercepte Guillaume. Jeune homme très sympa. Il me propose de le suivre, ce que je fais et me voilà dans un bar-restaurant juste à côté du théâtre. Moment de joie : le reste de la troupe est là je peux donc faire un "tir groupé" ! Benjamin GAUTHIER, Nicolas LUMBRERAS et Rudy MILSTEIN. Quelques tables plus loin je pouvais voir le reste mais je n’ai pas pu leur poser mes questions.

Interview ! 


Guillaume CLERICE Petites questions … petite interview
Nicolas LUMBRERAS Ah interview ?

·         Alors… Pourquoi vous avez tous choisi le théâtre ?

Nicolas LUMBRERAS Poum !! First question ! (…) Parce que… le cinéma ne voulait pas de nous.  Blague !
Guillaume CLERICE Moi j’ai pas choisi, ça s’est imposé à moi. Je faisais plein de trucs en même temps je faisais des études et à la fac en même des temps des cours de théâtre, et à un moment donné j’ai choisi, j’ai décidé j’vais tester j’vais le faire.
Benjamin GAUTHIER Moi pareil en fait, c’était un hobby comme la guitare ça s’est concrétisé et toi ? (à Rudy MILSTEIN)
Rudy MILSTEIN Moi depuis tout petit, j’ai toujours voulu faire ça (…) J’ai fait des études pour faire plaisir aux parents quoi. (…) C’est plus facile de faire du théâtre que du cinéma.


·          (m’adressant plus à Guillaume CLERICE puisqu’il a eu l’occasion de jouer un petit rôle pour Christophe Honoré dans son film Les chansons d’amour sorti en 2007) T’as eu la chance de faire du cinéma alors qu’est-ce que tu préfères entre le théâtre et le cinéma ?

Guillaume CLERICE  Euh… moi je suis plus naturellement attiré par la vidéo que le plateau même si j’adore être sur scène mais je suis plus attiré par l’image, j’suis un gamin de la télé j’ai grandi avec les images plus qu’avec le théâtre, j’ai grandi avec Arthur, Cauet… Nan mais  voilà je suis plus attiré par l’image si je peux répondre à ta question correctement.

·         Quelle est la scène qui vous est la plus difficile à jouer ?

Benjamin GAUTHIER Moi j’en ai que deux (rires)
Guillaume CLERICE J’hésite entre dans l’ascenseur et la scène de formation lorsqu’on est tous avec la balle. C’est difficile. D’avoir l’énervement juste, la bonne énergie, le bon truc c’est le plus dur ouais. Et toi ? (à Nicolas LUMBRERAS)
Nicolas LUMBRERAS (après un petit moment de réflexion) L’accueil ! C’est le début de la pièce, faut lancer tout de suite, pas le droit à l’erreur. Y a un côté pression, ne pas avoir des trous de texte et tout ça.

Est-ce que le rôle qu’on vous a attribué à chacun c’est un rôle qui vous ressemble quelque part ?
  
   
      Rudy MILSTEIN (à Guillaume CLERICE) Toi non, l’ancien obèse oui (en plaisantant)
      Guillaume CLERICE  Non pas du tout même
      Rudy MILSTEIN ‘fin si le mec un peu qui râle
      Guillaume CLERICE  J’suis râleur dans la vie ? Nan pour nous tous, y a une part de nous tous.  C’est pas Patrick (Nicolas LUMBRERAS) mais en même temps il a ce côté un peu ringard, à faire des blagues ringardes mais c’est vrai !
      Nicolas LUMBRERAS Tout en sachant que c’est de l’humour de merde, j’peux faire des grosses blagues de connard en sachant voilà j’dis pas « ‘tain j’suis super marrant »
      Guillaume CLERICE Rudy, lui c’est un rôle qui lui colle à la peau, ses côtés bons airs, un peu maladroit, gaffeur. Mais j’ai pas été gros étant gamin. J’étais un peu martyrisé, mais comme tout le monde au collège on l’a tous été.

·         Est-ce que vous avez un personnage préféré ?

Nicolas LUMBRERAS Un personnage préféré… euh… J’aime bien le personnage de Béatrice qui a les lunettes de piscine
Guillaume CLERICE Rémi, moi j’l’aime bien Rémi. J’aime bien ce personnage-là.
Rudy MILSTEIN Moi Catherine, j’aurais adoré jouer Catherine.
Nicolas LUMBRERAS Ouais je trouve tous les rôles intéressants en fait.
Guillaume CLERICE Ouais y a un parcours intéressant dans chacun des rôles.
Nicolas LUMBRERAS Comme Andy, l’anglais il a un rôle un peu restreint. (…) Dans chaque rôle y a une vraie carte à jouer.
Guillaume CLERICE C’est vrai. C’est une bonne réponse.
Nicolas LUMBRERAS Ouais j’trouve.
Guillaume CLERICE Ton rôle préféré dans la pièce Benja ?
Benjamin GAUTHIER Moi j’aurais aimé jouer tout le monde en fait
Nicolas LUMBRERAS C’est pas comme dans certaines pièces où y en a qui disent que deux phrases là y a vraiment la place à chacun.

 Alors qu’est-ce que ça fait de travailler pour Palmade ?


Nicolas LUMBRERAS Qu’est-ce que ça fait…
Guillaume CLERICE Ben c’est une chance, d’abord c’est une chance énorme…
Nicolas LUMBRERAS Pour lui de nous avoir (rires)
Guillaume CLERICE C’est hyper intéressant
Nicolas LUMBRERAS C’est un mec qu’a un œil, une exigence et un avis hyper aiguisé.
Guillaume CLERICE Il sait exactement ce qu’il veut et ce qu’il veut pas aussi et du coup ça nous aiguille
Nicolas LUMBRERAS Il nous tire vers le haut parce qu’il est exigeant. Il se met pas au niveau exigence de lui en tant qu’auteur, que comédien il va se mettre en exigence au niveau de spectateur. C’est-à-dire que lui quand il est dans une salle il veut voir quel niveau de jeu, d’écriture etc… Et voilà il exige la même chose de nous. (…) De qualité, de rigueur, de dépassement de soi etc.
Guillaume CLERICE Ouais après c’est de l’humain comme n’importe qui parfois ça te saoule, parfois ça t’énerve mais parfois il est maladroit voilà quoi.
Nicolas LUMBRERAS Personne n’est tout le temps gentil ou tout le temps méchant ou sympa peu importe. Les gens peuvent parfois être agaçants. Comme avec tout le monde, comme notre père, notre mère, un pote(…). Il a quand même une troupe, il s’inclut dedans, c’est le chef de la troupe, c’est Pierre Palmade et il est quand même assez paternaliste et…
Guillaume CLERICE Il prend pas trop de place.
Nicolas LUMBRERAS Il s’impose pas, il se met vraiment au service de la troupe je trouve.
Guillaume CLERICE C’est un très bon chef de troupe.

·         Est-ce que vous auriez aimé jouer des classiques ou même de l’absurde total comme Ionesco ou du Beckett ?

Guillaume CLERICE Moi j’ai jamais fait de Ionesco mais j’ai déjà fait du classique
Benjamin GAUTHIER Moi j’ai déjà joué du Ionesco et du classique aussi
Nicolas LUMBRERAS J’ai joué au Point Virgule Quelqu’un a dormi dans mon lit, c’est un pote qui a écrit ça et pour le coup c’est vraiment absurde, classique aussi.
Guillaume CLERICE Est-ce qu’on aurait envie d’en faire maintenant ?
Nicolas LUMBRERAS Moi je suis actuellement dans une pièce classique en tournée.
Guillaume CLERICE Tchekhov c’est génial ouais.
Rudy MILSTEIN Moi le classique ça m’inspire pas trop
Nicolas LUMBRERAS Parce que t’as pas la dimension pour interpréter le texte. BOUM ! J’déconne. Tu serais bien dans Andromaque !
Guillaume CLERICE C’est un vrai plaisir quand tu prends le temps de bien le travailler, bien visiter le truc.
Nicolas LUMBRERAS Ouais faut prendre le temps de bien le travailler. C’est pas des trucs qui se montent en trois semaines. Un classique faut le bouffer, faut le digérer. (…) C’est pas la même démarche de jouer un classique, c’est pas la question que les classiques soient plus difficiles. C’est une autre langue ‘fin Molière c’est pas notre langue donc forcément…
Guillaume CLERICE Apprendre les vers c’est super intéressant
Nicolas LUMBRERAS Voilà les vers, même la prose d’y a 300 ans c’est pas notre langue quelque part donc c’est… On est dans un autre système de travail.


 Je les remercie encore beaucoup de m'avoir consacré un peu de leur temps !
Merci à Guillaume qui m'a donné son approbation Samedi 15. Ce fut un plaisir de le revoir (et ce jour-là j'ai eu de la chance j'ai pu croiser Pierre Palmade que je n'ai pas hésité à féliciter d'avoir une aussi bonne troupe). 


P.S :  Sachez que la retranscription a été une tâche assez complexe, mon enregistrement comportait tellement d'éléments (entre les blagues de Nicolas LUMBRERAS, les petits silences et les commandes) il faut savoir bien découper les instants. Ce que je pense avoir bien fait.