La Troupe à Palmade - L'Entreprise @Théâtre Tristan Bernard - les 04 Mai 2013 et 18 Mai 2013

Retour du spectacle

Sur un coup de tête, le 4 Mai 2013 avec une amie nous nous rendons au Kiosque de la Madeleine (le bon plan des Parisiens). On cherche une pièce à voir. On avait bien envie de rire. On nous demande plus de détails "Comédie ? Absurde ? ". L'absurde m'aurait bien tenté mais c'est un classique au Théâtre de la Huchette on joue que du Ionesco et ce, toute l'année.  Je suis pas super fan du théâtre de boulevard mais on me conseille La Troupe à Palmade - L'Entreprise. Allez pourquoi pas ?
Eh bien, jolie surprise ! J'ai bien rigolé, admiré le jeu de chacun des acteurs et la thématique m'a parlé.
L'histoire ? Nous sommes dans une entreprise appelée Chauffinor. Chacun des employés a ses peines, ses joies. Un jour le responsable des ressources humaines trouve une lettre d'un suicidaire ! Qui a osé l'écrire ? On fait le tour des personnalités de chaque salarié, chacun peut être identifié. C'est l'horreur. Mais nous, spectateurs on en rit ! La proximité avec la réalité sans doute, tout est bien ficelé et les acteurs sont très bons !

Si bons que je suis prête à m'y rendre une seconde fois !

Sauf que cette fois je suis bien décidée à réaliser ma petite interview. Je suis partie à la recherche des acteurs, d'un éventuel contact. Je me suis renseignée sur Guillaume CLERICE, qui a co-écrit la pièce. Son personnage m'avait marqué - je ne dirai pas pourquoi ! Faut voir le spectacle ! - alors me suis dit que je vais lui demander. Très adorable il me répond et me propose de venir à sa rencontre une fois prochaine. C'est ainsi que le 18 Mai je reviens au Théâtre Tristan Bernard . Je les vois tous défiler un par un pour rentrer dans le théâtre, les reconnais pour la plupart.
Je revois la pièce avec quelques éléments surprises: la troupe fonctionnant en alternance, j'ai pu voir 2 nouveaux acteurs ! Tout aussi bons que ceux que j'avais vu la première fois.

Fin du spectacle, je me rue sur le personnel du théâtre pour savoir où se situent les coulisses, je me poste sur le côté et intercepte Guillaume. Jeune homme très sympa. Il me propose de le suivre, ce que je fais et me voilà dans un bar-restaurant juste à côté du théâtre. Moment de joie : le reste de la troupe est là je peux donc faire un "tir groupé" ! Benjamin GAUTHIER, Nicolas LUMBRERAS et Rudy MILSTEIN. Quelques tables plus loin je pouvais voir le reste mais je n’ai pas pu leur poser mes questions.

Interview ! 


Guillaume CLERICE Petites questions … petite interview
Nicolas LUMBRERAS Ah interview ?

·         Alors… Pourquoi vous avez tous choisi le théâtre ?

Nicolas LUMBRERAS Poum !! First question ! (…) Parce que… le cinéma ne voulait pas de nous.  Blague !
Guillaume CLERICE Moi j’ai pas choisi, ça s’est imposé à moi. Je faisais plein de trucs en même temps je faisais des études et à la fac en même des temps des cours de théâtre, et à un moment donné j’ai choisi, j’ai décidé j’vais tester j’vais le faire.
Benjamin GAUTHIER Moi pareil en fait, c’était un hobby comme la guitare ça s’est concrétisé et toi ? Rudy MILSTEIN)
Rudy MILSTEIN Moi depuis tout petit, j’ai toujours voulu faire ça (…) J’ai fait des études pour faire plaisir aux parents quoi. (…) C’est plus facile de faire du théâtre que du cinéma.


·          (m’adressant plus à Guillaume CLERICE puisqu’il a eu l’occasion de jouer un petit rôle pour Christophe Honoré dans son film Les chansons d’amour sorti en 2007) T’as eu la chance de faire du cinéma alors qu’est-ce que tu préfères entre le théâtre et le cinéma ?

Guillaume CLERICE  Euh… moi je suis plus naturellement attiré par la vidéo que le plateau même si j’adore être sur scène mais je suis plus attiré par l’image, j’suis un gamin de la télé j’ai grandi avec les images plus qu’avec le théâtre, j’ai grandi avec Arthur, CauetNan mais  voilà je suis plus attiré par l’image si je peux répondre à ta question correctement.

·         Quelle est la scène qui vous est la plus difficile à jouer ?

Benjamin GAUTHIER Moi j’en ai que deux (rires)
Guillaume CLERICE J’hésite entre dans l’ascenseur et la scène de formation lorsqu’on est tous avec la balle. C’est difficile. D’avoir l’énervement juste, la bonne énergie, le bon truc c’est le plus dur ouais. Et toi ? Nicolas LUMBRERAS)
Nicolas LUMBRERAS (après un petit moment de réflexion) L’accueil ! C’est le début de la pièce, faut lancer tout de suite, pas le droit à l’erreur. Y a un côté pression, ne pas avoir des trous de texte et tout ça.

Est-ce que le rôle qu’on vous a attribué à chacun c’est un rôle qui vous ressemble quelque part ?
  
   
      Rudy MILSTEINGuillaume CLERICE) Toi non, l’ancien obèse oui (en plaisantant)
      Guillaume CLERICE  Non pas du tout même
      Rudy MILSTEIN ‘fin si le mec un peu qui râle
      Guillaume CLERICE  J’suis râleur dans la vie ? Nan pour nous tous, y a une part de nous tous.  C’est pas Patrick (Nicolas LUMBRERAS) mais en même temps il a ce côté un peu ringard, à faire des blagues ringardes mais c’est vrai !
      Nicolas LUMBRERAS Tout en sachant que c’est de l’humour de merde, j’peux faire des grosses blagues de connard en sachant voilà j’dis pas « ‘tain j’suis super marrant »
      Guillaume CLERICE Rudy, lui c’est un rôle qui lui colle à la peau, ses côtés bons airs, un peu maladroit, gaffeur. Mais j’ai pas été gros étant gamin. J’étais un peu martyrisé, mais comme tout le monde au collège on l’a tous été.

·         Est-ce que vous avez un personnage préféré ?

Nicolas LUMBRERAS Un personnage préféré… euh… J’aime bien le personnage de Béatrice qui a les lunettes de piscine
Guillaume CLERICE Rémi, moi j’l’aime bien Rémi. J’aime bien ce personnage-là.
Rudy MILSTEIN Moi Catherine, j’aurais adoré jouer Catherine.
Nicolas LUMBRERAS Ouais je trouve tous les rôles intéressants en fait.
Guillaume CLERICE Ouais y a un parcours intéressant dans chacun des rôles.
Nicolas LUMBRERAS Comme Andy, l’anglais il a un rôle un peu restreint. (…) Dans chaque rôle y a une vraie carte à jouer.
Guillaume CLERICE C’est vrai. C’est une bonne réponse.
Nicolas LUMBRERAS Ouais j’trouve.
Guillaume CLERICE Ton rôle préféré dans la pièce Benja ?
Benjamin GAUTHIER Moi j’aurais aimé jouer tout le monde en fait
Nicolas LUMBRERAS C’est pas comme dans certaines pièces où y en a qui disent que deux phrases là y a vraiment la place à chacun.

 Alors qu’est-ce que ça fait de travailler pour Palmade ?


Nicolas LUMBRERAS Qu’est-ce que ça fait…
Guillaume CLERICE Ben c’est une chance, d’abord c’est une chance énorme…
Nicolas LUMBRERAS Pour lui de nous avoir (rires)
Guillaume CLERICE C’est hyper intéressant
Nicolas LUMBRERAS C’est un mec qu’a un œil, une exigence et un avis hyper aiguisé.
Guillaume CLERICE Il sait exactement ce qu’il veut et ce qu’il veut pas aussi et du coup ça nous aiguille
Nicolas LUMBRERAS Il nous tire vers le haut parce qu’il est exigeant. Il se met pas au niveau exigence de lui en tant qu’auteur, que comédien il va se mettre en exigence au niveau de spectateur. C’est-à-dire que lui quand il est dans une salle il veut voir quel niveau de jeu, d’écriture etc… Et voilà il exige la même chose de nous. (…) De qualité, de rigueur, de dépassement de soi etc.
Guillaume CLERICE Ouais après c’est de l’humain comme n’importe qui parfois ça te saoule, parfois ça t’énerve mais parfois il est maladroit voilà quoi.
Nicolas LUMBRERAS Personne n’est tout le temps gentil ou tout le temps méchant ou sympa peu importe. Les gens peuvent parfois être agaçants. Comme avec tout le monde, comme notre père, notre mère, un pote(…). Il a quand même une troupe, il s’inclut dedans, c’est le chef de la troupe, c’est Pierre Palmade et il est quand même assez paternaliste et…
Guillaume CLERICE Il prend pas trop de place.
Nicolas LUMBRERAS Il s’impose pas, il se met vraiment au service de la troupe je trouve.
Guillaume CLERICE C’est un très bon chef de troupe.

·         Est-ce que vous auriez aimé jouer des classiques ou même de l’absurde total comme Ionesco ou du Beckett ?

Guillaume CLERICE Moi j’ai jamais fait de Ionesco mais j’ai déjà fait du classique
Benjamin GAUTHIER Moi j’ai déjà joué du Ionesco et du classique aussi
Nicolas LUMBRERAS J’ai joué au Point Virgule Quelqu’un a dormi dans mon lit, c’est un pote qui a écrit ça et pour le coup c’est vraiment absurde, classique aussi.
Guillaume CLERICE Est-ce qu’on aurait envie d’en faire maintenant ?
Nicolas LUMBRERAS Moi je suis actuellement dans une pièce classique en tournée.
Guillaume CLERICE Tchekhov c’est génial ouais.
Rudy MILSTEIN Moi le classique ça m’inspire pas trop
Nicolas LUMBRERAS Parce que t’as pas la dimension pour interpréter le texte. BOUM ! J’déconne. Tu serais bien dans Andromaque !
Guillaume CLERICE C’est un vrai plaisir quand tu prends le temps de bien le travailler, bien visiter le truc.
Nicolas LUMBRERAS Ouais faut prendre le temps de bien le travailler. C’est pas des trucs qui se montent en trois semaines. Un classique faut le bouffer, faut le digérer. (…) C’est pas la même démarche de jouer un classique, c’est pas la question que les classiques soient plus difficiles. C’est une autre langue ‘fin Molière c’est pas notre langue donc forcément…
Guillaume CLERICE Apprendre les vers c’est super intéressant
Nicolas LUMBRERAS Voilà les vers, même la prose d’y a 300 ans c’est pas notre langue quelque part donc c’est… On est dans un autre système de travail.


 Je les remercie encore beaucoup de m'avoir consacré un peu de leur temps !
Merci à Guillaume qui m'a donné son approbation Samedi 15. Ce fut un plaisir de le revoir (et ce jour-là j'ai eu de la chance j'ai pu croiser Pierre Palmade que je n'ai pas hésité à féliciter d'avoir une aussi bonne troupe). 


P.S :  Sachez que la retranscription a été une tâche assez complexe, mon enregistrement comportait tellement d'éléments (entre les blagues de Nicolas LUMBRERAS, les petits silences et les commandes) il faut savoir bien découper les instants. Ce que je pense avoir bien fait. 

Interview Jérôme Ponsolle (Vital Breath) _ 1ère partie concert Handful of Dust @Divan du monde - 22 Avril 2013


Alors Jérôme Ponsole c'est le leader du groupe Vital Breath. J'ai découvert le groupe à l'occasion 
du concert de Handful of Dust (Farid Medjane, Yves Brusco, Lou Ben, Izo Diop et Sylvain
Laforge) au Divan du monde le 22 Avril dernier.
Vital Breath c'est de gros sons de guitares issus du métal, des textes mélancoliques et une énergie
positive. Nouveau sur la scène ils ont plein de concerts à programmer parce qu'ils sont talentueux
les petits ! 
Jérôme, je ne suis pas allée le voir le soir-même, par timidité mais aussi parce que ce soir-là je
souffrais d'un horrible mal de dos.
(Imaginez: j'ai tenté de m'asseoir dans une salle où tout le public est debout...)

Je l'ai donc contacté par mail, il a été très gentil, a pris le temps de me répondre et hop! Je vous
dévoile donc le contenu :

· Qui/quelles sont tes influences musicales ?


Mes influences sont vraiment très variées car j'écoute vraiment de tout. Du
classique, jazz, rock, pop, metal etc.... Pour être plus précis, je viens du milieu pop,
d'où mes mélodies mais j'adore le son des grosses guitares métal !!!! Mes groupes 
pop rock influents: Queen, Metallica, Devin Townsend, Skunk Anansie,
Stereophonics, Stone Sour, Alter Bridge, Guns and Roses, Faith No More, Korn,
Nirvana, Pearl Jam, Soundgarden et pleins d'autres...

· Y a-t-il des thèmes récurrents dans tes chansons ? (si c'est toi qui les écris en tant que chanteur)


En fait, l'album Duality reflète les différents sentiments Humains mais
principalement l'amour et la haine (la dualité). Ce qui fait l'équilibre de ce monde!!
Je suis le principal compositeur du groupe et c'est vrai que je m'inspire de tout ce
qui m'entoure pour écrire, y compris des choses personnelles. J'aime la folie du
monde mais aussi son côté très cartésien (encore la dualité...). Voilà ce qui revient
dans les textes, des choses tristes, dures, sombres et des choses, gaies, pleines de
sincérité.

· Quelle est l'étiquette musicale qui collerait parfaitement à Vital Breath ?

Une étiquette !!! Pourquoi en mettre une ? peut être pour rassurer les gens qui
veulent tout classer. Il existe tellement de styles différents dans la musique. En fait
je pense que rock métal nous correspond bien.


· Pourquoi "Vital Breath" ?

Vital Breath c'est le souffle Vital, c'est l'énergie pure. (le Qi en chinois).
D'ailleurs sur le logo VB tu peux voir écrit Qi en Chinois derrière les initiales.
Je suis très branché Feng shui et tout ce qui est zen m'attire !!! Du coup notre
musique c'est de l'énergie due au mélange grosse guitare et mélodies. On pourrait
dire qu'on fait du zen métal !!! Paradoxalement c'est François le batteur qui a
trouvé ce nom.







Passez donc sur leur site, entrez dans un univers dualiste ! 


Je serai amenée à le rencontrer de nouveau, lors d'un prochain concert en France

1984 – Big Brother vous regarde @Théâtre Ménilmontant, le 25 Janvier 2013


«  Celui qui a le contrôle du passé a le contrôle du présent »
Oppressés. Des spectateurs oppressés voilà ce que nous sommes.  Le spectacle est à la fois théâtral et cinématographique. Quatre écrans mobiles présents sur la scène nous refont penser aux télécrans du roman du grand George Orwell. La dictature est posée. Deux options : vivre sans penser librement ou mourir en ayant pensé librement. Winston aura choisi de faire un mélange des deux conditions à ses risques et périls. Dans une mise en scène sombre la seule couleur encore perceptible reste le rouge. Le rouge du sang. Ce citoyen d’Oceania nous fait vivre la moindre de ses émotions ; sa peur, sa souffrance, son bonheur totalement éphémère… O’Brien, l’incarnation physique de Big Brother ? L’homme sans scrupule faisant vivre la torture, la terreur… La terreur est donc le maître mot de cette représentation.
Dans une ambiance froide et cruelle, Sébastien Jeannerot jouant également le rôle de ce citoyen rebelle qu’est Winston a su relever le défi qu’était l’œuvre d’Orwell. C’est par le biais de cette mise en scène en ces jours que l’on comprend qu’en effet ce n’est pas uniquement l’imagination de l’auteur britannique, les dictatures persistent encore dans certains pays.
On ne sort pas de cette salle sans interroger ; qu’est-ce qu’on tolère ? Qu’est-ce qu’on refuse ? Qu’est-ce qui fait de nous un Winston ? 

Orwell a lui-même déclaré : « En ces temps d’imposture universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire ».



Là, j'ai eu l'occasion de rencontrer le metteur en scène, un des acteurs et j'ai eu mon petit moment de gloire. Un homme de IDF.FM faisait son interview avant moi et m'a laissé ses 5 dernières minutes pour poser mes questions. Je suis toujours à la recherche de l'éventuel podcast. Je n'hésiterai pas à poster le lien si je venais à me le procurer. 

Gaspard Proust @Théâtre du Rond-Point, le 11 Janvier 2013


«  Je sais très bien pourquoi vous venez. Vous êtes incapables de vous faire rire tous seuls. »
Gaspard Proust, ou le presque chic type qui n’y va pas de mains mortes. Il ne mâche pas ses mots. 

Il va droit au but. Et ne rate pas du tout sa cible.


L’humoriste arrive d’une manière totalement naturelle sur scène, retirant sa veste, envoyant un dernier message qui met tout son temps à s’envoyer. Le comique préfère cette situation ; un pur gain de temps. 


Il fait semblant de se plier au formalisme puis "attaque" directement. En bon public on l’applaudit, Monsieur n’est pas très modeste « le fascisme a commencé comme ça hein. Avec des applaudissements »


Ca fait rire mais ça calme. D'après l’humoriste ; « Ca gêne hein. J’aime bien, on va continuer ». 

Le jeune comique ne veut pas être comparé mais rien à faire, il nous rappelle l'attitude désabusée et le cynisme du grand Desproges

S'attaquant à tous les sujets sans aucun tabou, il fait rire tout le monde à des degrés différents. Mêlant à cela des références culturelles toujours bien choisies pour ponctuer ses vannes. 
Gaspard Proust étale son savoir de polyglotte, n’hésitant pas à parler Anglais en se la jouant acteur américain you know ou tenter des blagues polonaises ou encore scander des chants d'un certain registre Allemand. 

Dans le public c’est très mixte : des couples, des jeunes, des moins jeunes ou « des seniors », des Parisiens, des provinciaux, des gauchistes, des p’tits bourges tout le monde en aura pour son grade.
Ce même public rit, applaudit, laisse échapper des « Oh il a osé ! ».


Oui Gaspard Proust ose TOUT.
Et c’est pour ça qu’on l’aime bien.  Ou au contraire qu'on le déteste.