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Y'a quelqu'un ?! @Théâtre de Belleville, le 07 Mai 2022

© Jérôme Barbosa

Et si l'un des plus grands drames des clowns n'était pas de ne plus faire rire mais de ne plus avoir son public ? Un clown reste avant tout un être humain qui peut lui aussi avoir la peur de l'abandon. Y a quelqu'un ?! c'est l'histoire d'un clown, habitué à exister pour les autres, qui se retrouve à exister pour lui-même. Hervé Langlois partage la réflexion en dialoguant avec son clown Angelus dont la filiation avec le clown Auguste - réputé pour sa maladresse et sa fragilité intérieure - n'est pas lointaine. 

Quand il entre sur le plateau, perruque blanc crème vissée sur la tête, veste queue de pie à manches courtes sur les épaules et tutu, Angelus fait face au mur sur lequel il rencontre son ombre. Elle est tour à tour dédoublée et triplée. 

Le bazar ambiant laisse imaginer une fête : sifflets, cotillons et serpentins jonchent la scène. Côté jardin, une chaise vide. Personne. Angelus va se confronter à sa solitude et se créer des invités exceptionnels d'un nouveau genre pour célébrer son anniversaire, n'est-ce pas le propre du clown ? Une capacité à imaginer des choses et embarquer son public dans son imaginaire, il apporte une fantaisie enfantine. Ses invités sont ses gadgets les plus fidèles, chacun caractérisé avec une personnalité associé à sa nature - un exemple parmi d'autres : le ballon est gonflé -. Des bribes de texte s'échappent riches en jeu de mots - au téléphone : "Ma mère ? Même pas !" -. 

Hervé Langlois créée un spectacle riche en poésie et touchant qui parle à tous. Adultes comme enfants.  

Bienvenue en Corée du Nord @Théâtre de Belleville, le 06 Janvier 2019



© Alban Van Wassenhove
Dix jours en Corée du Nord. En bons touristes qui suivaient de près les indications du régime. C'est ce séjour qui se veut être l'élément déclencheur de ce spectacle. Ce dernier rapporte la rencontre de la fantaisie des clowns avec la fermeté du régime coréen. Ce n'est pas un simple carnet de voyage avec des anecdotes sur la vie quotidienne du peuple coréen, c'est aussi un récit des émotions ressenties sur place. 

Et la palette est saisissante. La fine équipe se sent manifestement changée. Ils seraient plus proches, l'esprit de communauté a pris le dessus en se scrutant un peu quand même. Il ne faudrait quand même pas qu'un faux pas vienne saccager l'esprit de groupe établi. Danse des missiles bancale, numéro de gymnastique rythmique étrange, chants de propagande subliminaux - le chanteur (d)Joe Dassin aurait été un grand défenseur de la Corée du Nord avec sa chanson culte L'été indien - autant de moments insolites au service du rire. Tout en étant également révélateurs de leurs fragilités et de leurs peurs qu'ils essaient de camoufler. Tentative qui commence par le fait de recommencer l'entrée en matière par soucis de fiabilité.

Bienvenue en Corée du Nord est un spectacle étrange. Etrange, dans la mesure où il suscite une curiosité ; au-delà de ce que les images que diffusent le monde occidental, qu'en est-il vraiment ? Quelques anecdotes bien senties sont livrées : le décalage horaire entre les deux Corées, le calendrier qui démarre en 1912... mais encore ? Marie-Laure Baudain, Alexandre Chatelin, Laura Deforge et Adelaïde Langlois s'activent dans tous les coins, ne laissent place à aucun excès déplacé - la scène du "baiser baveux" est sans doute l'acte "blasphématoire" unique du spectacle -.Véritable enchaînement de fantaisies, de drôleries en tous genres, la compagnie de la Cité signe un spectacle qui ne peut susciter que la curiosité.