Sils Maria Mommy
« Le remède à l'ennui, c'est la curiosité. La curiosité elle, est sans remède. » Ellen Parr
On ne badine pas avec l'amour @Lucernaire, le 17 Septembre 2014
Après un passage au Festival d’Avignon édition 2014, la compagnie L’Attrape Théâtre s’installe au Lucernaire pour un peu plus d’un mois.
Dans une mise en scène dynamique de Christophe Thiry, tout le burlesque, la critique sociétale et le drame du classique d’Alfred de Musset resurgissent.
Une scénographie légère, quelques tabourets parsemés ici et là, ce sont les comédiens qui deviennent les décors de par leurs mouvements. Les costumes pourraient être jugés sobres mais ils laissent entendre une certaine intemporalité du texte.
Bien rythmée, la représentation ne souffre pas de lenteur, le tragique arrive en crescendo.
La subtilité de la langue de Musset se mêle à une chanson de Gainsbourg (La Javanaise).
Toute la beauté du langage se retrouve dans ce texte magnifique que nous a offert Musset.
Dans une mise en scène dynamique de Christophe Thiry, tout le burlesque, la critique sociétale et le drame du classique d’Alfred de Musset resurgissent.
Une scénographie légère, quelques tabourets parsemés ici et là, ce sont les comédiens qui deviennent les décors de par leurs mouvements. Les costumes pourraient être jugés sobres mais ils laissent entendre une certaine intemporalité du texte.
Bien rythmée, la représentation ne souffre pas de lenteur, le tragique arrive en crescendo.
La subtilité de la langue de Musset se mêle à une chanson de Gainsbourg (La Javanaise).
Toute la beauté du langage se retrouve dans ce texte magnifique que nous a offert Musset.
L’Attrape Théâtre est une compagnie qui mêle les générations et offre une excellente prestation.
Le duo Camille (Anna Sorin)/Perdican (Sébastien Ehlinger) ne laisse place à aucun faux pas ; diction parfaite et jeu remarquable. La victime de leur badinage, Rosette est interprétée par une Marion Guy gracieuse et touchante.
A la manière d’une tragédie grecque Koso Marina interprète un chœur plein de malices, Pierre Marzin (en alternance avec Pascal Durozier) est un baron bien comique suivi d’un Maître Blazius (Stanislas de la Tousche en alternance avec Laurent Bariteau) ivrogne irrésistiblement drôle, Francis Bolela en Maître Bridaine malin et une Dame Pluche douce incarnée par Lucile Durant.
Le talent de l’ensemble des acteurs est indéniable rassemblés ici dans une mise en scène pleine d’énergie
Le joueur d'échecs @Théâtre Rive Gauche, le 09 Septembre 2014
Pour cette saison au
Théâtre Rive Gauche, Steve Suissa
propose
la mise en scène de la très célèbre nouvelle de Stefan Zweig ;
Le
joueur d’échecs.
Seul en scène, Francis
Huster joue tour à tour Zweig, Czentovic – le champion du monde prétentieux –
et Monsieur B – l’inconnu viennois, le joueur -.
Eric-Emmanuel
Schmitt resté relativement fidèle au texte de Zweig, a su garder ce qui fait sa force :
sa philosophie et son universalité.
A bord du bateau, Huster transforme sa voix en fonction
des personnages qu’il est amené à interpréter (excepté Lotte, interprétée en
voix off). Lorsqu’il joue Monsieur B., le ton est grave. La folie dans laquelle
il sombre progressivement se fait sentir, le jeu de lumière est méticuleux pour
montrer les deux identités générées.
Un personnage cérébral qui en devient touchant.
Un personnage cérébral qui en devient touchant.
La création sonore
signée Maxime Richelme est
minutieuse, elle fait acte des fins de scènes et intensifie la folie de Monsieur
B.
Francis
Huster se prête à un exercice que l’on sait difficile et livre
un jeu d’acteur pour le moins épatant, ressuscitant ainsi la dernière traversée
vers l’Amérique de Stefan Zweig et
son épouse.
Les mots qu'on ne me dit pas - Véronique Poulain
Rentrée littéraire 2014 nous voilà !
Merci à ma consœur Blablablamia pour ce conseil littéraire.
D’une plume franche et humoristique, Poulain parvient à parler de deux mondes – celui des sourds et celui des entendants – où elle s’épanouit.
Ce roman témoigne de l’amour qu’elle porte pour ses parents. Bien qu'il arrive que ses sentiments basculent entre "fierté, honte et colère", Véronique Poulain ne peut supporter les curiosités, le jugement différent que les entendants peuvent porter sur eux, ces interrogations sur la manière dont elle s’exprime avec ses parents – enfant, elle se complaisait à traduire en signes puis en grandissant, l’enthousiasme s’efface -.
Véronique Poulain livre ainsi un récit émouvant sans pour autant tomber dans la pitié. Anecdotes, joies, tristesses, tous les éléments d’une vie sont relatés efficacement. Un fort bon premier roman.
Les mots qu’on ne me dit pas est un titre qui convient parfaitement à son histoire. Si on ne lui disait pas, on les ressentait et lui signait.
Derrière l’humour corrosif, une femme aimante qui leur fait part d’une belle déclaration :
« Aujourd’hui, je suis fière. Je les revendique. Surtout, je les aime. Je veux qu’ils le sachent. »
Interview Jérôme Charvet

United Passions – La légende du football aux côtés de Gérard Depardieu, Tim Roth et Sam Neill.
Le film relate la création de la Fédération Internationale de la Football Association (FIFA), les moments-clefs de son histoire et les destins croisés de Jules Rimet, Jao Havelange et Sepp Blatter.
Ce film faisait partie de la sélection officielle du Festival de Cannes 2014.
De nationalité française, le jeune comédien, dès 19 ans, a eu l’opportunité de suivre des cours au Lee Strasberg Theatre and Film Institute sous la tutelle de Paul Calderon et Irma Sandrey (deux membres de l’Actors Studio) à New-York. Il est par la suite reçu au Stella Adler Studio of Acting, où il suit des cours dispensés par Ron Burrus, ancien assistant de Stella Adler.
Il se produit sur les planches du Roy Arias Theatre et du Repertory Theatre, pour parvenir à jouer dans de nombreux courts-métrages ainsi que dans le film indépendant
Falling Overnight à Los Angeles.
En 2013, il entame sa carrière française et se fait remarquer pour sa belle prestation dans le film
Amour et turbulences d’Alexandre Castagnetti aux côtés de Ludivine Sagnier et Nicolas Bedos. S’en est suivi le tournage de la série Jo avec Jean Reno, dans laquelle il s'est brillamment illustré.
J’ai retrouvé le jeune homme sur l’avenue Bosquet dans le septième arrondissement parisien, nous avons marché pour nous rendre à L’épicerie de la Tour, nous acheter respectivement une petite bouteille de Coca Zéro, une canette de bière Heineken et une autre de Coca-Cola pour Monsieur Charvet.
Une fois ravitaillés, nous nous sommes assis au soleil, sur l’herbe du Champs de Mars.
L’interview a pu commencer dans de bonnes conditions, avec un comédien très souriant !
* Bonjour Jérôme !
Bonjour !
* J’ai bien lu ton CV mais j’aimerais bien que tu me racontes un peu ton parcours s’il te plait !
Après avoir commencé ma formation de comédien au Cours Florent, j’suis parti à l’âge de 19 ans à New-York où j’ai étudié au Lee Strasberg Theatre and Film Institute et au Stella Adler Studio.
J’ai énormément appris dans ces écoles mais c’est surtout mon expérience à New-York, dans cette ville qui a été très enrichissant personnellement.
* Donc dès le début tu savais que ça serait pour le cinéma ?
Eh bien… Je suis passionné par le théâtre et j’ai d’ailleurs joué dans beaucoup de pièces mais c’est vrai que c’est le cinéma qui me fait rêver. Et puis sur un tournage, j’me sens chez moi. Je suis vraiment à l’aise, je suis dans mon élément comme à la maison. Puis en plus de ça, le fait de changer de cadre jour après jour sur un tournage me correspond plus.
* Une nette préférence pour le cinéma. C’est envisageable pour toi de retourner sur les planches ?
Oui mais faudrait que le rôle me plaise vraiment et que je me sente bien avec le metteur en scène.
* Notes-tu une différence entre les approches d’apprentissage du jeu aux Etats-Unis et celles de France ?
Je dirais qu’en France on parle beaucoup d’inné, du talent alors qu’aux Etats-Unis on parle de travail et ils ont une façon d’approcher le jeu avec une certaine méthodologie, une technique qui est très intéressante. […] Ils mettent l’accent sur la capacité de l’acteur à s’immerger dans son personnage, à travailler, à rechercher, à faire ressortir son passé au travers du personnage.
[ Bande annonce ] |
* Récemment, tu étais à l’affiche de United Passions aux côtés de notamment Gérard Depardieu. Je lisais une interview de toi où tu revendiquais une réelle admiration pour ce comédien.
Qu’est-ce qui te plait chez lui ?
J’aime son franc parlé. Ce n’est pas quelqu’un qui prend des pincettes quand il va avoir quelque chose à dire, tu vois. Il est impulsif. C’est exactement ce qui fait de lui un grand acteur. […] C’est quelqu’un qui ne réfléchit pas, il est complétement sur le moment, il n’a pas peur de la caméra et (éternue) il est différent à chaque prise, il ne va pas arriver avec une idée préconçue.
* United Passions c’était l’occasion de le rencontrer. Tu peux me raconter ce rêve de gosse qui s’est réalisé ?
Je suis arrivé sur le pont Royal, il faisait super chaud. C’était genre à la mi-Août. Puis après un passage dans les loges pour enfiler mon costume d’époque, je suis arrivé sur le plateau et soudain, Gérard Depardieu, le grand, arrive et toute l’équipe se tourne vers lui. Il a une très grande présence puis « Action » ! On commence à tourner. C’est curieux mais je n’ai pas senti une pression ou une angoisse ou du trac mais une grande excitation et puis après la première prise, il m’a fait un grand sourire, là j’étais aux anges. Il était très encourageant avec moi et puis il a fait preuve d’une très grande gentillesse. J’ai énormément d’anecdotes très drôles de ce tournage.
* Allez racontes au moins une !
Lors d’une pause, je parlais avec une assistante de l’équipe et Gérard qui était à deux pas nous regardait et a soudain lancé à la fille « Et Manon ! Voyons ! Embrasse-le ! Saute-lui dessus ! » Et la fille lui a répondu rouge, gênée qu’elle était en relation et il lui a dit « Mais embrasse-le, tu le regretteras si tu le fais pas ! » (rires) C’était que des trucs comme ça.
* Tu es bilingue, qualité non négligeable. Tu penses apprendre une troisième langue histoire de tourner encore plus de films à l’étranger ?
Je parle un peu espagnol. Je me rappelle d’un poème que j’avais appris au collège (rires). Mais je ne serais pas contre d’aller trois mois seul dans ce pays parce que c’est véritablement à ce moment-là que t’apprends une langue. Et pour vraiment m’imprégner de la culture. Et pour devenir un peu espagnol (dit-il avec un air espagnol).
![]() |
Jérôme Charvet et Ludivine Sagnier dans Amour et turbulences |
* Quel rôle est-ce que tu rêverais de tenir ?
Je rêverais d’interpréter Napoléon. Sa vie est vraiment un opéra, une tragédie grecque, une pièce de Shakespeare. (son téléphone vibre) C’est ma maman. (sourire) Mais pour finir. Rares sont les destins humains où l’aventure, la fortune, l’adversité, la fatalité, le malheur et la prédestination sont autant omniprésentes. Devenir Napoléon c’est un peu voyager à travers toute la condition humaine.
* Quand tu parles de Shakespeare, des quelles veux-tu parler ?
Toutes ! (de nouveau son téléphone vibre) Ma mère (sourire). On dit que Shakespeare dans toutes ses pièces a traité toutes les palettes d’émotions humaines et Napoléon est passé par des tsunamis dans sa vie, il a tout vécu.
* Tu es encore jeune, mais une fois que tu auras acquis suffisamment d’expériences en tant qu’acteur, est-ce que tu te lancerais dans la réalisation ?
Pourquoi pas plus tard mais pour l’instant je serais plus intéressé par l’écriture, donner naissance à une histoire doit être une expérience intéressante. […] J’aurais besoin de faire encore quelques années en tant qu’acteur et d’écrire quelques histoires et me sentir suffisamment mature pour réaliser.
* Y a-t-il un genre de film qui te rebute totalement ?
Tout film dont l’existence ne vient pas d’une volonté artistique mais du fait de vouloir juste faire de l’argent !
* Y a-t-il une métamorphose qui t’a impressionné ?
Matthew McConaughey |
Alors y a deux genres de métamorphoses : physique et psychologique. […] Récemment, j’ai été impressionné par Matthew McConaughey dans Dallas Buyers Club et même si y a eu du maquillage et tout ça par John Hurt dans Elephant Man, il était exceptionnel.
Et psychologiquement, Ralph Fiennes dans La Liste de Schindler, j’aime bien ce personnage glaçant, terrifiant qu'il a pu interpréter. Il est impressionnant je trouve.
Et psychologiquement, Ralph Fiennes dans La Liste de Schindler, j’aime bien ce personnage glaçant, terrifiant qu'il a pu interpréter. Il est impressionnant je trouve.
* Et toi tu serais prêt à aller jusqu’où ?
Physiquement, prêt à tout et psychologiquement, faut faire attention à ne pas se perdre (rires). Mais ça doit être fascinant de franchir des frontières inexplorées dans son mental. Je serais prêt à aller très loin, comme on dit, corps et âme (rires).
* Série des petites questions ; quel film peux-tu regarder en boucle ?
Le dernier tango à Paris ! C’est réalisé par Bertolucci avec Marlon Brando et Maria Schneider. J’ai une histoire d’amour avec ce film. J’ai dû le regarder déjà 20 fois ! (rires)
* Film où tu peux embêter tes potes en sortant les répliques avant même qu’elles ne soient prononcées ?
Euh… Star Wars ! (rires) et Sur les quais d’Elia Kazan. J’t’ai mis un truc un peu mainstream et un truc intello (rires).
* Film qui peut te faire pleurer ?
Bambi (rires) vraiment Bambi je maintiens ! (dit-il avec ironie)
* Film qui te fait rire ?
Hmm… Un film qui me fait rire… Bah La grande vadrouille !
* Un film totalement débile mais tellement bon ?
Un film totalement quoi ? Débile ? Euh… Zoolander (rires)
* Quelle chanson pour lire l’interview ?
Hmm… J’hésite entre Paul McCartney avec Let’em in et Bob Dylan ; Ballad of a thin man…
Allez partons sur Bob Dylan, cette chanson m’obsède ces derniers temps.
* Merci beaucoup !
Merci à toi !
Pour en savoir plus sur Jérôme Charvet
Cinéma
Je lance un nouveau libellé : "Cinéma"
Vous trouverez affiches et bandes-annonces de films qui ont pu me plaire.
Peut-être quelques interviews si l'occasion se présente.
Le Langage des Viscères #23 @Auditorium Saint-Germain,le 27 Juin 2014
Eh oui, encore une soirée du Langage des Viscères.
Pour cette vingt-troisième édition, Amine Boucekkine a choisi de se concentrer sur l'art vidéo donc une soirée sous le signe des projections.
Programmation de cette édition : Exposition photo sur la thématique La ville décomposée suivie des lectures de textes d'Amine, Marianne, Jérôme Attal et Céline Renoux.
Simultanément, Virginio Vona dans le hall de l'auditorium se prête à l'exercice de la peinture en temps réel. DJ set du groupe électro Trésors.
Projection du diaporama photos "Au bout du chemin" suivi de la performance VJ de Dorianne Wotton sur un texte d'Amine Boucekkine; La Nuit.
S'en est suivie la projection du court-métrage Kore d'Eric Dinkian pour finir sur la performance particulière du groupe post-rock Farewell Poetry.
Virginio Vona effectue sa peinture avec des gestes presque brusques, nerveux pour donner un travail intrigant et obsessionnel.
L'exposition La ville décomposée suggère de clichés qui montrent la ville perdant de son humanité. Principalement en noir et blanc, les photographies invitent le visiteur à errer dans des villes presque futuristes.
Lors des lectures, Marianne convie les auditeurs à des envolées philosophiques sur la ville décomposée. Quand on connait Jérôme Attal, on sait qu'il ne gardera pas le sérieux très longtemps. Cette fois-ci, il ne lira pas du George Bataille mais un extrait de son propre roman; L'Histoire de France racontée aux extra-terrestres. Attal dans cet extrait compare les soirées parisiennes aux tranchées.
Céline Renoux s'initie à la lecture pour la soirée et propose des textes sur l'enfance. Thème évoqué avec une certaine tendresse. Amine Boucekkine clôt les lectures avec un texte toujours profond, qui prend aux tripes avec cette tonalité si singulière.
Trésors est un duo de jeunes hommes pourvus de sens de l'humour. Minimaliste et ambitieux, leur son électronique est un voyage dans des contrées psychédéliques.
Le diaporama photo Au bout du chemin de Lynn SK (ici) est riche de par sa poésie et sa sensibilité.
Sur des sons envoûtants, Amine Boucekkine et Dorianne Wotton proposent une performance VJ très sensuelle sur le texte La Nuit.
Kore d'Eric Dinkian - primé dans de nombreux festivals - est un court-métrage hypnotique, obsessionnel où une jeune fille s'empare d'un spray et dessine des spirales en rouge et noir dans la ville.
Une folie urbaine bruyante. [Bande-annonce]
Farewell Poetry clôt la soirée avec originalité. Ce groupe allie le cinéma et la performance musicale. Captivante et intense semblent être les maîtres mots pour qualifier cette performance unique. Un univers singulier. On en demanderait toujours plus et bien sûr les voir plus souvent en "concert"
Merci une fois de plus à Amine Boucekkine d'offrir des soirées aussi riches les unes que les autres !
Rendez-vous le 27 septembre pour la prochaine !
Avis aux absents : mes photos
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